Ateliers les 10, 11 et 12 juin 2026.
72 heures, 6 équipes réunies par la MAIF, une ambition commune : concevoir le futur de la prévention et de la santé de l’habitat.
Penser le carnet de santé de l’habitat, pour préparer la première loge avec la MAIF, nécessite d’en définir les termes, et, au-delà, l’esprit. Le détour par la philosophie permet, par un pas de côté, d’élargir le propos pour ne pas s’enfermer dans une définition trop réductrice d’un carnet de santé qui serait uniquement technique. Il n’est pas question ici de rejouer l’opposition technocritique à une approche d’ingénierie. En revanche, le sujet présente des raffinements ontologiques bien plus profonds qu’il n’y paraît.
Qu’est-ce que cela veut dire pour l’architecture ?
Cette convergence induit une reconfiguration profonde des paradigmes de conception et de gestion du cadre bâti, marquant l’émergence d’une architecture de la maintenance. Le projet architectural ne se réduit plus à la simple livraison de l’ouvrage, mais s’inscrit dans un processus continu où le bâtiment est appréhendé comme un organisme vivant, dont l’évolution demeure documentée par ses usagers au moyen de carnets de santé ou d’outils de suivi numérique. Dès lors, la conception spatiale intègre impérativement la simplicité des interventions techniques, privilégiant des détails accessibles et des protocoles de maintenance clairs, particulièrement en ce qui concerne la maîtrise de l’eau, identifiée comme la pathologie structurelle majeure. Parallèlement, l’effectivité de l’autoréparation requiert l’élaboration de nouvelles typologies spatiales partagées. L’architecture doit, à ce titre, concevoir des espaces tiers dédiés à l’action collective, favorisant l’émergence de structures hybrides telles que des fablabs de quartier spécialisés dans l’entretien résidentiel, ainsi que des dispositifs mobiles de réparation capables de sillonner les territoires pour offrir une proximité accrue aux usagers.
Qu’est-ce que cela veut dire pour la société ?
Sur un plan sociologique et philosophique, ce modèle offre une alternative substantielle aux paradigmes de consommation conventionnels. Il marque, d’une part, la transition d’un modèle serviciel, caractérisé par une passivité de l’usager face à la prestation ou à l’indemnisation assurantielle, vers une culture de la robustesse. Face à l’obsolescence manifeste des systèmes de gestion classiques dans le contexte des mutations climatiques contemporaines, cette nouvelle approche privilégie la résilience, la diversification des compétences locales et la capacité collective à endiguer les incertitudes environnementales. D’autre part, ce changement de paradigme favorise la reconquête de l’agentivité pour les populations en situation de vulnérabilité. Pour ces usagers confrontés à des tensions matérielles ou temporelles significatives, l’entretien domestique est fréquemment relégué à la périphérie des préoccupations vitales. L’action collective propose ici de réintégrer ces individus au sein de réseaux de solidarité afin d’alléger leur charge mentale. En substituant à la contrainte technique de la réparation une dynamique de lien social, cette approche permet non seulement de briser l’isolement, mais également de restaurer une forme de réassurance personnelle et citoyenne.
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Textes de Jean Richer pour l’atelier de recherche temporelle
Mise en page de Côme Richer, stagiaire de seconde
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